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" Ses baigneuses ont la majesté des montagnes… La chair des femmes se mêle, sans solution de continuité, à la pulpe des fruits. "
Antoine BACIU Si je devais choisir quelques œuvres pour parler de Deshaies, je choisirais en priorité ses œuvres monumentales peintes :
J'y ajouterais " Manifeste " - 1962-, de dimensions plus modestes. Les quelques vers de Guillevic extraits de " Terraqué "

" Il y a des endroits où l'on ne sait plus si c'est la terre glaise où si c'est la chair "
TERRAQUÉ 1942 GUILLEVIC
qui accompagnent cette œuvre dans " Trente ans de peinture " éclairent ce que pouvait être la vision expressionniste et tourmentée, voire douloureuse de Jacques Deshaies (comme beaucoup de portraits et de paysages de cette période) lorsqu'il est " entré en peinture " - comme Guillevic est " entré en poésie ".
Quel fossé sépare cette œuvre de celles pré-citées ! Et pourtant elles sont l'œuvre d'un même peintre… et autant de " manifestes " d'un même homme qui a toujours clamé sa liberté.

" Si c'était le cheval qui venait nous chercher… Si c'était le taureau venu pour la bataille
- Et s'acharnant du front.
"
GUILLEVIC

Il faut prendre ces compositions allégoriques monumentales comme autant de revendications " d'un homme profondemment engagé dans la vie et les combats de son époque. Elles sont à rapprocher de beaucoup de ses autoportraits (souvent inclus dans ses œuvres), tête rejetée en arrière, menton en avant : " Viking ", comme l'écrit Bernard TREHET et fier de l'être ! Elles sont autant d'actes de foi dans lesquels il exprime ses raisons d'ETRE de peintre. Ses références à la mythologie y sont présentes le plaçant dans la lignée des peintres classiques : GIOTTO, LE GRECO, RUBENS, VELASQUEZ ou DELACROIX ou plus près de nous CEZANNE, artistes à qui il fait souvent référence.
Mais DESHAIES est avant tout DESHAIES, reconnaissable entre tous ! Brossées en larges touches dans une palette flamboyante, ses toiles dégagent un souffle épique où se mêlent violence et tendresse qu'il sait traduire dans un travail de la pâte et de la matière. Architecturales dans leur composition et leur construction, elles mettent au service de l'Homme leur force indéniable. Personnages réccurents que l'on retrouve souvent, silhouettes marquantes d'un roman épique qui s'inscrit dans le temps.

Jacques POULAIN

" Face aux acquis des grands peintres Flamands et Italiens, Jacques Deshaies affronte alors son Art sans complexes, non au fleuret moucheté, mais à l'épée, celle des Vikings, large et franche, avec laquelle il taille et sculpte dans lamasse et le monumental, traduisant une sensualité gourmande et sauvage dont l'intensité s'équilibre dans la pureté de la toile et des sujets ".
Bernard TREHET " Jacques Deshaies le Viking "